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Enfants : ce qui influence vraiment leur bien-être lors d’une séparation.

Qu’est-ce qui influence réellement le bien-être des enfants après une séparation ?

Aujourd’hui, les travaux de Paul Amato, Joan Kelly, Robert Emery et de nombreux autres chercheurs permettent de dégager plusieurs constats remarquablement cohérents.



1. Ce n’est pas la séparation qui prédit le mieux le bien-être des enfants

Pendant longtemps, on a pensé que le simple fait de grandir avec deux parents séparés constituait le principal facteur de souffrance.

Les recherches montrent aujourd’hui que la réalité est plus complexe.

Ce qui influence le plus l’adaptation des enfants est souvent le climat familial dans lequel ils évoluent : avant, pendant et après la séparation.

Autrement dit, deux enfants vivant une séparation peuvent avoir des parcours très différents selon la manière dont leurs parents traversent cette période.

Elle ne signifie pas qu’une séparation est sans conséquence. Elle représente toujours une perte et demande un véritable travail d’adaptation.

En revanche, elle nous rappelle que la façon dont les adultes gèrent cette transition compte souvent davantage que la séparation elle-même.



2. Les conflits chroniques sont souvent plus délétères que la séparation

L’une des conclusions les plus solides de la littérature scientifique est sans doute celle-ci.

Grandir dans un climat de tensions permanentes, de disputes répétées, d’insécurité émotionnelle peut avoir davantage d’impact sur le développement d’un enfant que le fait d’avoir deux maisons.

Les enfants n’ont pas besoin d’une famille parfaite.

Ils ont surtout besoin d’un environnement dans lequel ils se sentent en sécurité.

C’est pourquoi la vraie question n’est peut-être pas :

« Faut-il rester ensemble ? »

Mais plutôt :

« Quel climat relationnel mon enfant vit-il au quotidien ? »



3. Le conflit de loyauté est l’une des expériences les plus difficiles pour un enfant

Parmi tous les facteurs étudiés, le conflit de loyauté occupe une place particulière.

Il apparaît lorsqu’un enfant a le sentiment qu’il doit choisir entre ses parents, protéger l’un d’eux ou devenir, malgré lui, responsable de leur bien-être émotionnel.

Aucun enfant n’a signé pour devenir le médiateur officiel de sa famille.

Et pourtant, beaucoup se retrouvent dans cette position.

Le conflit de loyauté ne naît pas uniquement des critiques adressées à l’autre parent. Il s’installe souvent à travers une multitude de petits messages, parfois prononcés avec les meilleures intentions.

Une remarque glissée presque sans y penser.

« Tu diras à ton père de me téléphoner. »

« La maison est bien vide quand vous n’êtes pas là… »

Un soupir lorsque l’enfant parle de sa mère.

Un silence. Un regard qui se ferme lorsque l’enfant parle de l’autre parent.

Pris isolément, ces moments paraissent anodins.

Additionnés au fil des semaines ou des mois, ils peuvent progressivement placer un enfant dans une position impossible.

Très vite, il apprend à peser chacun de ses mots. À taire certaines choses. À cacher qu’il a passé un bon moment chez l’autre parent. À surveiller les réactions des adultes avant de parler.

Cette charge émotionnelle est considérable.

Et elle est souvent plus lourde que le fait de vivre dans deux maisons.

La bonne nouvelle, c’est qu’un conflit de loyauté n’est pas irréversible.

Les enfants n’attendent pas des parents parfaits. Ils ont surtout besoin d’adultes capables de prendre conscience de l’effet de certaines paroles ou attitudes et d’ajuster progressivement leur manière de communiquer.

Leur rappeler qu’ils ont le droit d’aimer leurs deux parents, qu’ils n’ont pas à transmettre de messages ni à porter les émotions des adultes est déjà une manière de les libérer d’un poids qu’ils n’auraient jamais dû porter.

4. Les enfants sont plus résilients qu’on ne le pense

C’est probablement l’une des conclusions les plus rassurantes.

La majorité des enfants traversent une période difficile après une séparation.

Mais lorsque les conflits diminuent, que les parents restent disponibles émotionnellement et que leur quotidien retrouve progressivement de la stabilité, la plupart développent de bonnes capacités d’adaptation.

Ils n’ont pas besoin que tout redevienne comme avant.

Ils ont besoin de retrouver un sentiment de sécurité.

La bonne nouvelle, c’est que les parents disposent d’un véritable pouvoir d’action.

Expliquer la séparation avec des mots adaptés à leur âge.

Leur rappeler qu’ils ne sont responsables de rien.

Les autoriser à aimer librement leurs deux parents.

Éviter de les prendre à témoin ou de leur demander de transmettre des messages.

Ces gestes paraissent simples.

Pourtant, ils peuvent profondément influencer la manière dont un enfant vivra cette période.



5. Chaque situation est unique

Une dernière nuance est essentielle.

Les conclusions des recherches concernent les séparations dans lesquelles les deux parents sont en mesure d’assurer la sécurité physique et psychologique de leurs enfants.

Lorsqu’il existe des violences, de l’emprise, ou des abus, la situation est différente.

Dans ces contextes, maintenir coûte que coûte une coparentalité harmonieuse n’est pas toujours possible, ni souhaitable.

La priorité devient alors de protéger les enfants et le parent victime.

Ces situations nécessitent un accompagnement spécifique et ne peuvent être abordées avec les mêmes recommandations.

S’il y a une idée que j’aimerais que vous reteniez aujourd’hui, c’est peut-être celle-ci.

Les enfants n’ont pas besoin d’une séparation parfaite.

Ils ont besoin d’adultes qui, malgré leurs difficultés, s’efforcent de les préserver du conflit et de leur offrir un environnement suffisamment stable et sécurisant.


La manière dont vous traversez cette séparation aura probablement davantage d’impact sur vos enfants que la séparation elle-même.

Une séparation marque la fin d’un couple. Elle ne doit pas marquer la fin de la sécurité affective dont un enfant a besoin pour grandir.


Vous ne pourrez pas tout contrôler. Mais chaque effort pour préserver vos enfants du conflit, respecter leur place d’enfant et leur permettre d’aimer librement leurs deux parents peut faire une réelle différence.




 
 
 

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