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Cinq disputes douloureuses que tous les couples connaissent (et comment les traverser autrement)

Par Julie et John Gottman


Vous arrive-t-il de vous disputer avec votre partenaire ?


De nombreuses personnes pensent qu'un couple qui se dispute est forcément moins heureux ou moins stable qu'un couple qui ne se dispute jamais.


Nous associons souvent l'absence de conflit à l'harmonie.

Et pourtant, ce n'est pas si simple.


En réalité, ce n'est pas la présence des conflits qui fragilise une relation, mais plutôt la façon dont ils sont gérés.


Même les couples les plus heureux se disputent.


La vraie question n'est donc pas : “Y a-t-il des conflits dans notre couple ?”


Mais plutôt : “Comment gérons-nous ces conflits ?”


Les recherches du célèbre psychologue John Gottman et de son épouse Julie Gottman ont profondément transformé notre compréhension des relations amoureuses.


Pendant plusieurs décennies, ils ont étudié des milliers de couples dans leur célèbre “Love Lab” à Seattle, en observant très précisément leurs interactions : leurs paroles, leurs silences, leur ton de voix, leurs expressions faciales, leurs réactions physiologiques pendant les disputes…


Leur conclusion est fascinante :

Les conflits ne détruisent pas les couples. Ce sont certains comportements répétitifs et destructeurs qui les fragilisent.


Voici 5 dynamiques courantes que presque tous les couples rencontrent… et surtout, comment les changer.




Lors d'une querelle, les couples qui manifestent souvent quatre comportements principaux (critique, mépris, fuite et attitude défensive) et qui ne les corrigent jamais ont une probabilité plus élevée de se séparer.



1. Le démarrage brutal

Erreur : attaquer plutôt que s'exprimer

Les premières minutes d’une discussion sont cruciales.

Souvent, lorsqu’une émotion s’est accumulée, nous entamons la conversation par :-des reproches,-des critiques,-ou des accusations.

Par exemple :

“Tu ne penses qu’à toi.”

“Tu es encore rentré-e en retard.”

“Tu ne fais jamais attention à ce que je ressens.”


Le souci, c’est qu’un début agressif incite presque automatiquement l’autre à :

-se défendre,

-riposter,

-ou se fermer émotionnellement.


Au lieu d’attaquer la personnalité de votre partenaire, essayez plutôt de discuter :

-de votre ressenti,

-de la situation concrète,

-et de votre besoin.


Par exemple :

“Je me suis senti-e inquiet-ète quand je n’avais plus de nouvelles ce soir. J’aurais besoin d’être rassuré-e lorsque cela arrive.”

Cette façon de communiquer modifie profondément le ton de la discussion.



2. Le débordement émotionnel

Erreur : continuer à discuter alors que notre système nerveux est saturé


Parfois, les disputes deviennent si intenses que notre corps entre en mode survie.

Le rythme cardiaque s'accélère.

Les muscles se contractent.

Les pensées s'enchaînent sans cesse.

Nous n'écoutons plus vraiment l'autre.


Dans ces moments, nous ne sommes plus en mesure de communiquer calmement.

Nous attaquons.

Nous nous défendons.

Ou nous nous renfermons complètement.


Dans ces situations, faire une pause n'est pas fuir le conflit. C'est empêcher qu'il devienne destructeur.

Si vous sentez que vous êtes submergé-e émotionnellement :

- interrompez temporairement la discussion,

- prenez le temps de vous apaiser,

- allez marcher, - respirez, - écoutez de la musique,

- puis revenez plus tard pour reprendre la conversation.

L'essentiel est de revenir. Ne pas fuir définitivement le sujet.



3. La pointe de l’iceberg

Erreur : penser que la dispute ne concerne que le sujet visible


De nombreux conflits semblent tourner autour de détails quotidiens : le ménage, les horaires, l’argent, les enfants, ou même la façon de remplir le lave-vaisselle.

Cependant, ces disputes cachent souvent des besoins émotionnels plus profonds.

Un besoin de reconnaissance. De sécurité. De liberté. De soutien. Ou encore la peur de ne pas être important-e aux yeux de l’autre.

Des réactions émotionnelles intenses indiquent souvent que le sujet touche quelque chose de plus profond dans notre histoire personnelle.

Au lieu de vous focaliser sur “qui a raison”, essayez parfois de comprendre :

“Que représente cette situation émotionnellement pour nous ?”


La curiosité apaise souvent plus les conflits que le désir de convaincre.




4. L’impasse

Erreur : vouloir gagner au lieu de comprendre


Dans de nombreuses disputes, chacun cherche inconsciemment à prouver qu’il a raison.

Cependant, dans une relation, l’emporter sur l’autre peut souvent affaiblir le lien.

Les couples les plus solides ne sont pas ceux qui évitent les désaccords. Ce sont souvent ceux qui apprennent à rester ouverts à l’influence mutuelle.

Accepter l’influence de son partenaire ne signifie pas se soumettre ou s’oublier.

Cela signifie être capable de reconnaître que :

- l’autre a aussi sa réalité,

- ses besoins,

- ses valeurs,

- et sa vision du monde.

Beaucoup de conflits cachent en fait deux besoins légitimes qui cherchent à coexister.


Rechercher une zone de flexibilité plutôt qu’une victoire modifie complètement la dynamique.



5. L’abîme

Erreur : accumuler les blessures sans les réparer


Dans chaque couple, certaines disputes laissent des traces.

Et quand les tensions ne sont jamais résolues, elles entraînent progressivement :

-de la distance,

-du ressentiment,

-ou un sentiment de solitude dans la relation.


Ce n’est pas l’absence de conflits qui préserve un couple.

C’est la capacité à se rapprocher après les blessures.

Parfois, il suffit simplement de dire :

“Je comprends pourquoi cela t’a blessé-e.”

“Je reconnais ma part de responsabilité.”

“Je n’ai pas envie que nous devenions ennemis.”

Réparer une dispute est souvent plus important que d’avoir raison.



Tous les conflits ne seront jamais totalement résolus


C’est probablement l’un des enseignements les plus significatifs des recherches de John et Julie Gottman :

La majorité des conflits de couple réapparaissent régulièrement.

Et cela est normal.

De nombreux désaccords sont simplement basés sur :

-des différences de personnalité,

-de besoins,

-de fonctionnement,

-ou de valeurs.


L’objectif d’un couple n’est donc pas d’éliminer tous les conflits.

Mais d’apprendre à les traverser avec plus de conscience, de respect et de compréhension mutuelle.

Un conflit ne doit pas nécessairement détruire la relation.

Il peut également devenir un espace où chacun apprend progressivement à mieux comprendre l’autre… et parfois aussi à mieux se comprendre soi-même.



Adapté du livre Fight Right de John et Julie Gottman.

Avec bienveillance,

Stéphanie Grivet




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